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L’attrait que Londres exerce sur les français a changé ces dernières années. Il s’agit moins de séjours linguistiques d’adolescents (du style « A nous les petites anglaises« ), de rock n’ roll et de soirées branchées, que de travail. La capitale anglaise offre en effet de nombreuses opportunités dans des domaines très variés : finance traditionnelle, développements technologiques liés à la finance avec de très nombreuses start ups de la fintech, mais aussi dans la mode, le design. Et les français étant, contrairement aux anglais – n’ayons pas peur des clichés – connus pour la qualité de leur gastronomie, de nombreux restaurants et bar à vin sont tenus par des compatriotes à Londres.

A tel point qu’il y a deux ou trois ans, le maire de Londres avait ironisé en rappelant qu’il y avait plus de français dans sa ville que dans de nombreuses métropoles régionales françaises.

Faut-il avoir peur du Brexit ?

Mais le Brexit, qui semble aujourd’hui inexorable, même si le gouvernement anglais tente de le retarder au maximum, risque de changer la donne en remettant en cause un certain nombre de facilités.

En pratique, il sera toujours facile de travailler à Londres. C’était le cas avant même Schengen, et les anglais ne comptent pas remettre en cause les nombreux accords de coopération dont ils tirent aussi avantage.

Si des formalités supplémentaires sont à nouveau mises en place, pour l’obtention de la carte de séjour ou d’un permis de travail, ces papiers resteront faciles à obtenir pour les français, surtout ceux déjà installés en Grande-Bretagne. Nous avons perdu l’habitude de ces obligations administratives, mais elles existaient pour tous les européens avant l’ouverture de Schengen, et elles n’avait pas empêché de nombreux français de s’installer à Londres.

Et pour les chefs d’entreprise ?

Par contre, la question se pose plus pour les français qui compte expatrier une entreprise en Angleterre, uniquement en offshoring, pour bénéficier de la moindre complexité administrative et des avantages fiscaux. Une grande partie de ces français résidant à Londres sont dans ce cas, auxquels il faut rajouter de nombreux français qui passent plusieurs jours par semaine dans la capitale, sans pour autant déplacer leur résidence fiscale personnelle.

Là, clairement, le Brexit risque de diminuer fortement les facilités dont ces sociétés bénéficiaient. L’offshoring deviendra nettement moins intéressant, la création d’une entreprise en Angleterre (c’est-à-dire sans offshoring) devra s’étudier par rapport au marché du Royaume-Uni, en rajoutant des coûts supplémentaires pour l’exportation en Europe continentale. La Grande-Bretagne arrivera sans doute à un statut voisin de celui dont bénéficie aujourd’hui la Suisse, la notion de paradis fiscal en moins.

En conclusion…

Travailler à Londres est une expérience passionnante, quoi qu’il en soit. La capitale anglaise a énormément d’attraits, une vie culturelle riche. Profiter d’une opportunité pour s’expatrier pendant un ou deux ans, en salarié ou en indépendant, est de toute façon un gros plus sur votre CV, et très certainement un coup de boost à vos capacités linguistiques !

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