Fondée en 1288 par Claire de Rabastens pour le compte du roi Sanche VII de Navarre, puis confirmée dans ses franchises en 1312 par Louis Ier de Navarre, La Bastide-Clairence est l'une des rares bastides du pays navarrain dans ce qui est aujourd'hui le Pays Basque français. Son plan en damier, caractéristique des bastides médiévales gasconnes, contraste avec le tissu plus organique des villages basques voisins. Le village doit son nom à sa fondatrice, dont le prénom "Claire" est latinisé en Clairence. Au XVIIe siècle, La Bastide-Clairence accueille une importante communauté juive séfarade qui fuit la péninsule ibérique : jusqu'à 70 ou 80 familles cohabitent avec la population locale, faisant de ce petit bourg un carrefour culturel exceptionnel.
Fiche identité
| Région | Nouvelle-Aquitaine |
|---|---|
| Département | Pyrénées-Atlantiques (64) |
| Population | 1 000 hab. |
| Altitude | 80 m |
| Label | Plus Beaux Villages de France |
Ce qui rend La Bastide-Clairence unique
La Bastide-Clairence est unique par sa double identité : plan gascon strict (damier, arceaux, grand-place rectangulaire) habillé d'une architecture basque authentique (colombages blancs et vert sombre, encorbellements, linteaux de pierre). Le village traverse le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, ce qui lui a valu des siècles de passage et d'échanges culturels. Aujourd'hui, une communauté d'artisans d'art de premier plan (potiers, relieurs, luthiers, souffleurs de verre) a investi les anciennes arcades médiévales et transforme le village en atelier ouvert au public.
À voir absolument à La Bastide-Clairence
Grand-place et maisons à arcades
La place des Arceaux, coeur de la bastide, est bordée de maisons à colombages sur arcades caractéristiques du plan médiéval. Les façades blanches encadrées de bois vert sombre (couleur traditionnelle basque) et les arcades de pierre calcaire créent un ensemble architectural harmonieux. La place s'anime le dimanche matin lors du marché local.
Église Notre-Dame-de-l'Assomption
L'église du XIVe siècle, fortifiée selon l'usage basque, conserve un clocher-mur caractéristique et un intérieur à trois nefs. Les galeries de bois pour les hommes, tradition architecturale et sociale basque, courent sur les côtés de la nef. Un autel baroque du XVIIe siècle et un bénitier sculpté méritent l'attention.
Cimetière juif séfarade
Le cimetière juif de La Bastide-Clairence (62 tombes datées de 1620 à 1785) est l'un des plus anciens et des mieux conservés du Pays Basque français. Il témoigne de la présence pendant un siècle et demi d'une communauté séfarade prospère qui a fui la péninsule ibérique. Les stèles gravées en hébreu et en espagnol sont un document exceptionnel sur cette histoire méconnue.
Ateliers d'artisans d'art
Une quinzaine d'artisans d'art ont installé leurs ateliers-boutiques dans les arcades médiévales et les maisons à colombages : potiers, relieurs d'art, luthiers, souffleurs de verre, tisserands. La plupart ouvrent au public et travaillent en vue des visiteurs. Ce tissu artisanal de qualité, rare dans un village de cette taille, est la fierté actuelle de La Bastide-Clairence.
Chemin de Saint-Jacques de Compostelle
La Bastide-Clairence est traversée par le GR65 (voie de Tours vers Saint-Jacques-de-Compostelle) et la voie du Puy-en-Velay. Les pèlerins s'arrêtent au gîte du village depuis des siècles. La trace du chemin sur les vieilles pierres de la grand-place et les coquilles Saint-Jacques sculptées sur certaines façades rappellent huit siècles de passage humain.
Mémoire de Jean de Liçarrague
Jean de Liçarrague (1506-1601), natif de La Bastide-Clairence, a traduit ici le premier Nouveau Testament en langue basque, publié en 1571 sur commande de la reine Jeanne d'Albret. Cette traduction est l'acte fondateur de la littérature basque écrite. Une plaque commémorative dans le village honore ce fait culturel d'importance majeure pour l'histoire de la langue basque.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, La Bastide-Clairence abritait l'une des plus importantes communautés juives séfarades du Pays Basque : jusqu'à 70 ou 80 familles, descendants des Juifs expulsés d'Espagne en 1492 et du Portugal en 1497. Ces marchands et artisans prospères ont coexisté avec la population catholique basque pendant plus d'un siècle, laissant un cimetière de 62 tombes et plusieurs maisons encore repérables par leurs marques architecturales discrètes. La communauté s'est progressivement dispersée à partir de la fin du XVIIIe siècle : en 1798, il ne restait plus que 6 familles dans le village.
Conseils pratiques
- Le marché dominical du dimanche matin sur la place des Arceaux (en saison) est le meilleur moment pour voir le village animé : producteurs locaux, artisans, fromages de brebis ossau-iraty et piments d'Espelette. Arrivez avant 10h30 pour les meilleurs étals.
- La plupart des ateliers d'artisans sont ouverts du mardi au dimanche en saison (fermés le lundi). Une carte des ateliers est disponible à l'office de tourisme ou à l'entrée du village. Certains artisans accueillent des démonstrations sur demande.
- Le cimetière juif se visite librement (entrée dans la rue de l'Église, panneau discret). Respectez le calme du lieu. La documentation historique disponible à l'office de tourisme permet de comprendre les inscriptions hébraïques.
- La Bastide-Clairence est sur le Chemin de Saint-Jacques. Même sans faire le pèlerinage complet, une marche de 2 à 3 heures sur le GR65 dans la campagne basque autour du village est une façon idéale de voir les fermes labourdes et les paysages de bocage.
- Combinez avec Hasparren (7 km), ville de Francis Jammes le poète, et avec Espelette (15 km) pour une journée dans l'arrière-pays basque : bastide, piments rouges sur les façades et Labourd pastoral.
Quand visiter La Bastide-Clairence ?
Toute l'année pour les ateliers d'artisans (vérifiez les fermetures hivernales). Printemps (avril-juin) pour la campagne basque verte et les ateliers ouverts. Juillet-août pour le marché dominical et les animations de la saison. Septembre-octobre : lumière dorée sur les colombages et foule absente. Hiver : village paisible, certains ateliers fermés, mais ambiance authentique hors des circuits.
Comment y aller ?
En voiture depuis Bayonne (30 km, 30 min par la D21 vers Hasparren). Depuis Hasparren (7 km, 10 min). Pas de transport en commun direct depuis Bayonne. Parking sur la grand-place ou à l'entrée du village (gratuit). Le village est petit et tout se fait à pied.
Villages proches à découvrir
Sare
Sare est la quintessence du village basque de Labourd : ses maisons à colombages blanc et rouge sang, son fronton de pelote, son église fortifiée aux galeries de bois et ses hameaux dispersés dans les prairies au pied de la Rhune condensent tout ce qui définit l'identité basque. Pierre Loti s'en est inspiré pour son roman "Ramuntcho". L'écrivain Axular, père de la prose basque, y a officié comme curé au XVIIe siècle.
Ainhoa
Ainhoa est peut-être le village le plus typique du Pays Basque intérieur. Sa rue principale est bordée de maisons labourdines du XVIIe siècle : façades blanches, colombages peints en rouge bordeaux, volets rouges, toits à larges débordements. Un décor d'une cohérence architecturale parfaite, classé parmi les Plus Beaux Villages de France.