Sare s'étale en hameaux dispersés sur 51 km² dans un paysage de prairies et de collines du Labourd, à la frontière franco-espagnole. Le village, peuplé depuis le Paléolithique supérieur, conserve dans ses grottes des vestiges d'occupation aurignacienne et gravetienne vieux de 30 000 ans. La maison labourdie traditionnelle, avec sa façade blanche, ses colombages rouge sang et ses volets verts ou bleus, est ici dans sa forme la plus pure. Les 283 bâtiments documentés datant du XVe siècle en font l'un des villages les mieux dotés en architecture basque ancienne.
Fiche identité
| Région | Nouvelle-Aquitaine |
|---|---|
| Département | Pyrénées-Atlantiques (64) |
| Population | 2 763 hab. |
| Altitude | 70 m |
| Label | Plus Beaux Villages de France |
Ce qui rend Sare unique
Sare se distingue des villages basques côtiers par son authenticité préservée : pas de tourisme de masse, pas de boutiques de souvenirs en série, mais des exploitations agricoles encore actives, un fronton vivant le soir et une église aux galeries de bois superposées typiquement labourdes. La proximité de la Rhune (905 m), accessible depuis le village voisin d'Ascain par le célèbre train à crémaillère de 1924, donne au village un arrière-pays montagnard exceptionnel. Les dolmens et menhirs de l'Âge du Bronze jalonnent les chemins de crête.
À voir absolument à Sare
Église Saint-Martin et ses galeries de bois
L'église fortifiée de Sare est caractéristique de l'architecture religieuse basque : ses galeries de bois superposées sur trois niveaux, réservées aux hommes selon la tradition, courent sur trois côtés de la nef. Le cimetière basque attenant, avec ses stèles discoïdales gravées, est un document ethnographique et artistique fascinant sur la culture funéraire basque.
Grottes de Sare
Ces grottes karstiques, occupées depuis au moins 30 000 ans (période aurignacienne), conservent des traces de vie préhistorique et des formations calcaires remarquables. La visite guidée retrace l'histoire de l'occupation humaine depuis le Paléolithique jusqu'à l'époque médiévale. Des fouilles ont mis au jour des outils de silex et des ossements d'animaux de l'ère glaciaire.
Train à crémaillère de la Rhune
Depuis le Col de Saint-Ignace (5 km de Sare), le train à crémaillère de 1924 monte en 35 minutes au sommet de la Rhune (905 m), montagne sacrée des Basques. Le panorama depuis le sommet embrasse l'Atlantique, les Pyrénées et les deux versants franco-espagnol. Les pottoks (chevaux sauvages basques) paissent librement sur les pentes. Réservation indispensable en saison.
Maisons labourdes et hameaux
L'architecture labourde de Sare est un manuel vivant : colombages rouges sang ou verts sur fond blanc, linteaux gravés de dates et de proverbes basques, portes cochères ouvrant sur des cours ombragées. Les hameaux de Lehenbiscay, Ihalar et Azketa, dispersés dans les prairies, concentrent les plus belles fermes des XVIe et XVIIe siècles, accessibles à pied par les chemins creux.
Fronton et pelote basque
Le fronton de Sare est au coeur de la vie sociale du village. Les parties de pelote à main nue, à chistera ou à pala se jouent en soirée en saison, dans une ambiance de village authentique sans tournoi touristique. Sare accueille chaque été des championnats amateurs qui rassemblent les villages du Labourd. Un spectacle vivant gratuit que peu de touristes connaissent.
Dolmens, menhirs et chemins de crête
Les hauteurs autour de Sare sont jalonnées de monuments mégalithiques de l'Âge du Bronze : dolmens, menhirs et tumulus témoignent d'une occupation humaine dense depuis 4 000 ans. Le GR10, grand chemin pyrénéen, traverse le territoire de Sare et permet des randonnées de 3 à 6 heures avec vues sur l'Atlantique et les crêtes frontalières.
En mars 1794, pendant la Terreur révolutionnaire, toute la population de Sare (hommes, femmes, enfants, vieillards) a été déportée collectivement vers l'intérieur de la France sur ordre des autorités révolutionnaires qui suspecaient les Basques frontaliers de connivence avec les Espagnols. Les habitants ont survécu dans des conditions précaires pendant plus d'un an avant de rentrer au village. Sare fait partie des rares communes françaises à avoir subi une déportation collective de l'intégralité de sa population : un fait historique exceptionnel conservé dans la mémoire locale.
Conseils pratiques
- Le train à crémaillère de la Rhune (Col de Saint-Ignace, 5 km) se réserve impérativement en ligne sur le site officiel (rhune.com). En juillet-août, les créneaux partent plusieurs jours à l'avance. Arrivez au col 30 min avant l'heure réservée.
- Les parties de pelote basque au fronton ont lieu les soirs de semaine en juillet-août (pas tous les jours). Renseignez-vous à l'office de tourisme de Sare ou auprès du bar du village pour connaître le programme de la semaine.
- Les grottes de Sare s'explorent en visite guidée (durée 1h). En saison, les visites sont toutes les heures. Hors saison, appelez avant de venir. La température est constante à 14 degrés : emportez une couche chaude.
- Sare est un excellent point de départ pour le GR10 vers la frontière espagnole et les crêtes du Labourd. La randonnée vers le col de Lizuniaga (250 m, 2h aller-retour) offre des vues magnifiques sur les deux versants et sur l'Atlantique.
- Le marché local de Sare a lieu le samedi matin (en saison). Piments d'Espelette (même si l'AOP est dans le village voisin, les producteurs sont présents), fromages de brebis, gâteau basque artisanal : l'essentiel des saveurs du Labourd en un seul marché.
Quand visiter Sare ?
Juillet-août pour le train de la Rhune, la pelote en soirée et les festivals basques. Juin et septembre pour la même beauté sans la fréquentation estivale. Printemps (avril-mai) pour les prairies fleuries et les pottoks sur les pentes de la Rhune. Automne : couleurs chaudes sur les fougères des crêtes, lumière atlantique exceptionnelle. Hiver : village vivant, la Rhune souvent dans les nuages mais les ruelles paisibles.
Comment y aller ?
En voiture depuis Bayonne (30 km, 35 min par la D918 vers Saint-Jean-de-Luz puis la D4). Depuis Saint-Jean-de-Luz (15 km, 20 min). Pas de train direct. Bus depuis Saint-Jean-de-Luz (ligne Txik Txak en saison). Parking au centre du village (place du fronton, gratuit).
Villages proches à découvrir
La Bastide-Clairence
La Bastide-Clairence est une anomalie heureuse : une bastide médiévale de plan gascon construite en plein Pays Basque par le roi de Navarre en 1288. Ses maisons à colombages blancs et vert sombre, ses arceaux sur la grand-place et ses ruelles droites mélangent les deux identités architecturales de façon unique. Ses artisans d'art, installés dans les anciennes boutiques médiévales, ont transformé le village en galerie vivante.
Ainhoa
Ainhoa est peut-être le village le plus typique du Pays Basque intérieur. Sa rue principale est bordée de maisons labourdines du XVIIe siècle : façades blanches, colombages peints en rouge bordeaux, volets rouges, toits à larges débordements. Un décor d'une cohérence architecturale parfaite, classé parmi les Plus Beaux Villages de France.