La bastide de Monpazier est née d'un traité entre Édouard Ier d'Angleterre, duc d'Aquitaine, et Pierre de Gontaut, baron de Biron. Acte de fondation daté du 7 janvier 1284. Le plan était simple et géométrique : des rues parallèles et perpendiculaires formant des îlots réguliers, une grande place centrale entourée de couverts, une église sur le côté. Sept siècles plus tard, ce plan est encore lisible depuis n'importe quel point du village. Ni reconstruction, ni ajout baroque, ni destruction. Monpazier a traversé la guerre de Cent Ans, les guerres de Religion et la Révolution en gardant sa morphologie d'origine.
Fiche identité
| Région | Nouvelle-Aquitaine |
|---|---|
| Département | Dordogne (24) |
| Population | 441 hab. |
| Altitude | 180 m |
| Label | Plus Beaux Villages de France |
Ce qui rend Monpazier unique
La place des Cornières est l'espace le plus parfait du Périgord. Entourée de couverts (passages voûtés au rez-de-chaussée des maisons), elle a accueilli le marché depuis le XIIIe siècle et l'accueille encore le jeudi. Les mesures à grain en pierre (anciennes unités de volume pour les transactions commerciales) sont toujours visibles sous les arcades : un détail qui fait de la visite une expérience presque archéologique. Le village compte moins de 450 habitants mais conserve toute sa cohérence monumentale.
À voir absolument à Monpazier
Place des Cornières
La place centrale de la bastide, entourée de couverts médiévaux, est le coeur de Monpazier depuis 1284. Les arcades abritent le marché du jeudi. Les mesures à grain en pierre, encastrées dans les murs, servaient à contrôler les transactions de blé au Moyen Âge.
Église Saint-Dominique
Bâtie aux XIIIe-XVe siècles, l'église gothique de Monpazier est massive et sobre, typique des bastides anglaises. Sa voûte a été achevée en 1462. Sur la façade, une inscription de 1794 rappelle la période révolutionnaire : "Le peuple français reconnaît l'existence de l'Être suprême".
Plan en damier et maisons médiévales
Les rues de Monpazier se croisent strictement à angle droit, formant des îlots réguliers construits entre le XIIIe et le XVIIe siècle. Plusieurs maisons à cornières conservent leurs façades d'origine avec fenêtres à meneaux. Un circuit pédestre balisé (1h) permet de parcourir l'ensemble.
Vénus de Monpazier (musée)
En 1970, une figurine féminine gravettienne a été découverte dans les environs. Datée d'environ 26 000 ans, la Vénus de Monpazier est l'une des rares statuettes préhistoriques de la région. Une reproduction est exposée au bureau de l'office de tourisme.
Château de Biron (9 km)
Le château de Biron est l'un des plus vastes du Périgord : il domine la vallée depuis un éperon rocheux et mêle architecture du XIIe au XVIIe siècle. La chapelle double (XIVe-XVIe s.) avec son gisant de Pons de Gonaut est remarquable. À 9 km de Monpazier, classé monument historique.
Panorama depuis les bastions
La partie nord du village offre un belvédère sur les collines du Périgord Noir. Depuis les vestiges des remparts, la vue s'étend sur les bois de chênes et les champs de tournesol en été. Meilleure lumière en fin d'après-midi, quand la pierre de taille des maisons vire à l'or.
En 1637, Monpazier fut le théâtre d'une des grandes révoltes paysannes du Périgord. Le chef des Croquants, un tisserand nommé Buffarot, entraîna des milliers de paysans ruinés par les impôts royaux avant d'être capturé. Il fut roué vif sur la place des Cornières même, là où les marchands avaient leurs étals. Un siècle plus tôt, en 1574, le château de Biron avait été pris par Geoffroy de Vivans, capitaine protestant né à Castelnaud, qui s'était servi de Monpazier comme base arrière : les deux bastides partagent ainsi un même chapitre de l'histoire des guerres de Religion.
Conseils pratiques
- Le marché du jeudi matin (toute l'année, ampleur maximale en juillet-août) est le meilleur moment pour voir la place des Cornières en usage. Les producteurs locaux y vendent foie gras, noix, vins de Bergerac et fromages de brebis.
- Monpazier est minuscule (0,5 km²) : laissez la voiture au parking gratuit à l'entrée du village (fléché) et visitez entièrement à pied. Comptez 1h30 pour le circuit complet.
- Combinez avec le château de Biron (9 km, 15 min) pour une demi-journée complète. Le château est ouvert toute l'année sauf janvier et lundi hors saison.
- La lumière du soir (18h-20h en été) est idéale pour photographier la place des Cornières : les pierres blondissent et la place se vide des touristes. Les restaurants ouvrent leurs terrasses sous les arcades.
- Juillet est très fréquenté. Privilégiez mai, juin ou septembre pour une visite tranquille avec les commerces ouverts. L'hiver, plusieurs restaurants et boutiques ferment.
Quand visiter Monpazier ?
Mai-juin pour la douceur et les tournesols naissants. Juillet-août pour l'animation du marché et les terrasses. Septembre-octobre pour la lumière automnale et la foule quasi absente. Hiver calme mais froid, village à moitié fermé.
Comment y aller ?
Voiture depuis Bergerac (36 km, environ 40 min par D660). Depuis Périgueux (75 km, 1h environ). Depuis Sarlat (36 km, 40 min par D53). Pas de train : Monpazier n'est pas desservi. Parking gratuit à l'entrée du village.
Villages proches à découvrir
Castelnaud-la-Chapelle
Le château de Castelnaud est la silhouette médiévale par excellence de la vallée de la Dordogne. Depuis son promontoire, il surveille le confluent Dordogne-Céou et regarde droit en face le château de Beynac, son ennemi de toujours pendant la guerre de Cent Ans. Aujourd'hui 2e site touristique de Dordogne avec 245 000 visiteurs par an, il abrite l'un des meilleurs musées d'armes médiévales de France.
Belvès
Sous les maisons du centre-ville de Belvès, sept caves troglodytiques ont abrité des familles entières jusqu'au début du XXe siècle. Ces grottes-logements, creusées dans le calcaire sous la bastide médiévale fondée au XIIIe siècle, sont aujourd'hui visitables. En surface, la bastide a conservé ses couverts (arcades) médiévaux, son donjon, son église et son marché hebdomadaire.