Montrésor est construit sur un éperon rocheux de tuffeau, la pierre blanche et tendre utilisée dans tous les châteaux de la Loire. La forteresse médiévale originelle, édifiée au XIe siècle par Foulques Nerra comte d'Anjou, a été remplacée au XVIe siècle par un château Renaissance de style Louis XII commandé par Imbert de Bastarnay. En 1849, Ksawery Branicki, riche aristocrate polonais réfugié en France après l'échec de l'insurrection de 1830, achète le château et y apporte ses collections polonaises. Sa famille le conserve jusqu'en 1969, date à laquelle un descendant le lègue à la commune. La continuité et le soin apportés au château sur 150 ans ont préservé une atmosphère d'habitation privée que les châteaux nationaux ont rarement.
Fiche identité
| Région | Centre-Val de Loire |
|---|---|
| Département | Indre-et-Loire (37) |
| Population | 350 hab. |
| Altitude | 90 m |
| Label | Plus Beaux Villages de France |
Ce qui rend Montrésor unique
Montrésor est unique parce que son château raconte deux histoires en même temps : celle de la Renaissance tourangelle (architecture, collégiale gothique des Bastarnay) et celle de la diaspora polonaise du XIXe siècle (collections Branicki, mobilier Empire, portraits de généraux napoléoniens polonais). Ce double héritage, français et polonais, est visible dans chaque salle et donne au château une personnalité à nulle autre pareille dans la région. La rivière Indrois qui coule au pied des remparts, les maisons de tuffeau fleuries et l'absence totale de tourisme de masse complètent ce tableau.
À voir absolument à Montrésor
Château de Montrésor et collections Branicki
Le château est ouvert d'avril à novembre (entrée payante, environ 8 euros). La visite guidée parcourt les appartements meublés dans le style du Second Empire polonais : portraits de Poniatowski et Kosciuszko, argenterie aux armes des Branicki, mobilier Empire importé de Varsovie, collections de majoliques polonaises. Une bibliothèque du XVIIe siècle en boiseries de chêne intact est l'un des plus beaux espaces du château. Le jardin à l'anglaise en terrasses descend vers l'Indrois.
Collégiale Saint-Jean-Baptiste (XIVe-XVIe siècle)
La collégiale, construite par Imbert de Bastarnay entre 1493 et 1519, est un chef-d'oeuvre du gothique tardif tourangeau. Elle conserve les gisants de marbre d'Imbert de Bastarnay et de sa famille (les seuls gisants de tuffeau de cette qualité en Touraine), une pietà polychrome du XVe siècle et un décor de stalles en bois sculpté. Le porche flamboyant de l'entrée est l'un des plus élaborés du Val de Loire. Entrée libre, visites guidées en juillet-août.
Rivière Indrois et balades en barque
L'Indrois, affluent de l'Indre, coule au pied des remparts du château et traverse le village entre des berges ombragées. Des barques sont disponibles à la location pour une promenade sur la rivière. La pêche à la truite et au brochet est permise avec une carte de pêche. Le chemin de halage qui longe la rivière jusqu'au moulin de Montrésor (2 km) est l'une des promenades les plus paisibles de la vallée.
Maisons de tuffeau et jardins fleuris
Montrésor est réputé pour ses jardins privés visibles depuis les ruelles : roses trémières contre les façades de tuffeau, glycines en voûte sur les porches, potagers en terrasses au bord de l'Indrois. La promenade dans le village bas (entre le château et la rivière) révèle une succession de maisons du XVIe au XVIIIe siècle impeccablement entretenues. En mai-juin, les roses et les iris en fleur transforment les ruelles en galeries végétales.
Ksawery Branicki, qui a acheté Montrésor en 1849, était l'un des personnages les plus riches de la noblesse polonaise. Neveu du prince Adam Czartoryski (chef du gouvernement polonais en exil à Paris), il avait fondé en 1833 à Paris l'Hôtel Lambert sur l'île Saint-Louis, qui est devenu le quartier général de la diaspora polonaise en France. En achetant Montrésor, il cherchait un refuge campagnard loin de l'agitation parisienne. Il y a apporté les meubles, tableaux et collections qui auraient dû orner son hôtel particulier de Varsovie, si la Russie ne l'avait pas envahi. Montrésor est devenu ainsi un morceau de Pologne en Touraine.
Conseils pratiques
- La visite du château se combine naturellement avec la promenade dans le village bas et la balade en barque sur l'Indrois. Comptez une demi-journée complète. En après-midi, la route vers Loches (15 km) permet de voir le donjon royal médiéval (le plus grand donjon de France) et la Cité royale.
- Montrésor est à 15 km de Loches et à 40 km de Tours. Un circuit d'une journée depuis Tours : Montrésor le matin (château, rivière), Loches l'après-midi (cité royale, donjon, château royal). Une belle façon de voir une Touraine moins touristique que Chambord ou Chenonceau.
- La collégiale est ouverte et gratuite toute l'année. Les gisants d'Imbert de Bastarnay méritent une visite attentive : la qualité du marbre et du ciseau est comparable aux meilleures oeuvres funéraires du Val de Loire. Moins connus que les gisants de Chambord ou de Saint-Denis, mais d'un intérêt artistique égal.
- Apremont-sur-Allier (80 km à l'ouest, dans le Cher) est l'autre Plus Beau Village de France de la région Centre-Val de Loire. Trop éloigné pour une même journée, mais à considérer si vous explorez la région sur plusieurs jours.
- Dormez à Montrésor pour voir le château et la collégiale sans les visiteurs de journée. Les chambres d'hôtes du village proposent des petits-déjeuners préparés avec les produits locaux (confitures maison, fromages de chèvre du Berry). Prix raisonnables.
Quand visiter Montrésor ?
Avril à octobre pour le château et les jardins. Mai et juin pour les fleurs dans les ruelles et sur les berges. Juillet-août pour les visites guidées du château. Hiver : château fermé mais village accessible, très calme.
Comment y aller ?
Voiture depuis Tours (50 km, 50 min), Loches (15 km), Amboise (35 km). Aucun transport en commun direct. La route depuis Loches (D760 puis D10) traverse des vallées et des forêts typiques de la Touraine secrète.
Villages proches à découvrir
Apremont-sur-Allier
Apremont-sur-Allier est le plus petit village de France labellisé "Plus Beaux Villages de France" avec seulement soixante-dix habitants. Ce chiffre extrême n'est pas une anomalie statistique : il est la condition même de la beauté du lieu. Soixante-dix habitants qui entretiennent avec soin leurs maisons à colombages et leurs jardins débordants de fleurs, soixante-dix habitants et le parc floral de huit hectares ouvert au public, avec ses cinq mille espèces végétales et ses dix jardiniers à plein temps. Une disproportion magnifique entre la taille du village et la qualité de ce qu'il propose.
Pérouges
Pérouges a failli être rasée en 1909. La municipalité avait voté sa démolition pour utiliser les pierres. Un groupe d'amateurs de patrimoine s'y est opposé, a fondé l'association de sauvegarde de la cité et a commencé les travaux de restauration. Résultat : la cité médiévale la mieux conservée de l'Ain, à 40 km de Lyon, décor de dizaines de films historiques.